Loi Le Meur, quelles règles pour la location touristique ?

Un document intitulé "loi LE MEUR" repose sur un bureau en bois, à côté d'une balance de la justice et d'un maillet de juge.

Écrit par

Benoît Chauveau

Publié le

9 oct. 2026

Table des matières

Mettre un appartement sur une plateforme de location saisonnière peut sembler simple, jusqu’au moment où la mairie, la copropriété, la fiscalité et le DPE entrent en jeu. La loi Le Meur renforce précisément ces contrôles et donne davantage de pouvoir aux communes pour protéger l’offre de logements permanents. Voici les règles à connaître en 2026, les démarches à effectuer et les points qui peuvent réellement modifier la rentabilité d’un meublé de tourisme.

Les règles qui déterminent désormais la viabilité d’une location touristique

  • Enregistrement national obligatoire au plus tard le 20 mai 2026.
  • La résidence principale peut être limitée à 90 jours par an par la commune, au lieu de 120 jours.
  • Le micro-BIC est limité à 15 000 € avec 30 % d’abattement pour un meublé non classé.
  • Un meublé classé bénéficie d’un plafond de 77 700 € et de 50 % d’abattement.
  • Les nouvelles autorisations de changement d’usage sont liées à un DPE entre A et E jusqu’en 2033.

Ce que la loi Le Meur change pour les locations saisonnières

La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 ne supprime pas la location touristique. Elle donne surtout aux collectivités de nouveaux moyens pour encadrer les meublés de tourisme, contrôler leur nombre et préserver les logements destinés aux habitants à l’année.

Un meublé de tourisme correspond à une villa, un appartement ou un studio meublé proposé à une clientèle de passage, qui n’en fait pas sa résidence principale. La location peut être conclue à la journée, à la semaine ou au mois, mais elle reste distincte d’un bail d’habitation classique.

Dans ma pratique de l’analyse immobilière, l’erreur la plus fréquente consiste à raisonner uniquement en termes de rendement brut. Or, avec ces nouvelles règles, l’adresse du bien et le règlement local comptent parfois davantage que son potentiel touristique.

Un pouvoir renforcé pour les communes

Les communes peuvent désormais fixer des quotas d’autorisations, instaurer des secteurs spécifiques dans leur plan local d’urbanisme et soumettre davantage de logements à une procédure de changement d’usage. Certaines peuvent aussi réserver des zones aux constructions utilisées comme résidences principales.

La réduction du plafond annuel est également possible. Sur décision motivée du maire, la durée maximale de location d’une résidence principale peut passer de 120 à 90 jours par année civile. Cette limite n’est donc pas automatique partout, mais elle doit être vérifiée auprès de la mairie avant toute mise en ligne.

Résidence principale ou résidence secondaire, les règles ne sont pas les mêmes

La première question à trancher est celle du statut du logement. Une résidence principale est généralement occupée au moins huit mois par an par son propriétaire, son locataire ou une personne à sa charge, sauf exceptions liées notamment à la santé, au travail ou à la force majeure.

Type de logement Règle principale Point à vérifier
Résidence principale Location possible dans la limite de 120 jours, ou 90 jours si la commune l’a décidé Déclaration, numéro d’enregistrement et éventuelle règle de copropriété
Résidence secondaire Réglementation locale potentiellement beaucoup plus stricte Changement d’usage, autorisation municipale et compensation éventuelle
Logement situé en copropriété La location touristique peut être interdite par le règlement Information du syndic et lecture attentive du règlement

La résidence principale reste encadrée

Le plafond concerne le nombre de jours loués à des touristes pendant l’année civile. Il ne faut pas le confondre avec la durée d’un séjour individuel, qui ne peut pas dépasser 90 jours consécutifs pour un même client.

Le propriétaire doit aussi conserver les justificatifs utiles prouvant que le logement est bien sa résidence principale. À partir de la généralisation de l’enregistrement, un justificatif fiscal pourra notamment être demandé pour confirmer cette situation.

La résidence secondaire demande une analyse locale

Pour une résidence secondaire, la simple déclaration en mairie peut être insuffisante. Dans les communes appliquant le changement d’usage, louer durablement un logement à des touristes peut nécessiter une autorisation préalable, parfois assortie d’une compensation.

Cette compensation consiste généralement à transformer un autre local commercial ou professionnel en logement afin de recréer une capacité résidentielle. Les conditions varient fortement selon la commune. C’est pourquoi je déconseille toujours de calculer un rendement prévisionnel avant d’avoir obtenu une réponse écrite du service urbanisme.

Les démarches à effectuer avant de publier une annonce

En 2026, une location touristique se prépare comme une véritable activité immobilière. L’ordre des démarches compte, car publier une annonce avant d’avoir vérifié les autorisations peut conduire à des sanctions et à la suspension de l’annonce.

  1. Vérifier les règles de la mairie concernant la déclaration, l’enregistrement et le changement d’usage.
  2. Déclarer le début d’activité dans les quinze jours suivant le démarrage afin d’obtenir un numéro SIRET.
  3. Obtenir un numéro d’enregistrement lorsque la commune ou le téléservice national l’exige.
  4. Contrôler le règlement de copropriété et informer le syndic lorsque la déclaration en mairie est effectuée.
  5. Afficher le numéro d’enregistrement sur chaque annonce concernée.

Au plus tard le 20 mai 2026, tous les meublés de tourisme devront être déclarés via un téléservice national dédié. Certaines villes disposent déjà de leur propre procédure, mais cette organisation locale sera progressivement remplacée ou intégrée au dispositif national.

Le numéro SIRET ne remplace pas l’enregistrement municipal. Le premier identifie l’activité auprès de l’administration fiscale et sociale, tandis que le second permet à la commune de suivre l’usage touristique du logement. Cette distinction est souvent mal comprise par les nouveaux bailleurs.

Le rôle de la copropriété

Depuis l’entrée en vigueur de la loi, un copropriétaire qui se déclare comme loueur de meublé de tourisme doit en informer le syndic. Les nouveaux règlements de copropriété doivent préciser clairement si cette activité est autorisée ou interdite.

Dans les copropriétés existantes, une modification du règlement peut permettre d’interdire les locations touristiques avec une majorité des deux tiers des voix, alors que l’unanimité était auparavant généralement nécessaire. Avant d’acheter un bien destiné à Airbnb, je recommande donc de demander les procès-verbaux des dernières assemblées générales, pas seulement le règlement actuel.

La fiscalité est devenue beaucoup moins favorable aux meublés non classés

La réforme fiscale modifie fortement le calcul de rentabilité. Les chiffres à retenir concernent les recettes perçues à partir de 2025, déclarées en 2026.

Situation Plafond du micro-BIC Abattement forfaitaire
Meublé de tourisme non classé 15 000 € de recettes annuelles 30 %
Meublé de tourisme classé 77 700 € de recettes annuelles 50 %

Pour un logement non classé, le régime micro-BIC devient vite limité. Avec 20 000 € de recettes annuelles, le propriétaire dépasse déjà le seuil de 15 000 € et doit généralement relever du régime réel, qui impose de tenir compte des charges et des règles comptables applicables.

Le classement peut donc retrouver un intérêt, mais il ne faut pas le considérer comme une solution automatique. Il implique des critères de qualité, une démarche spécifique et parfois des dépenses d’équipement ou de mise aux normes. Le gain fiscal doit être comparé au coût réel de l’opération.

Au-delà de 23 000 € de recettes annuelles, des cotisations sociales peuvent s’appliquer et une inscription auprès de l’Urssaf peut être nécessaire. La rentabilité nette doit alors intégrer l’impôt, les prélèvements sociaux, les cotisations, le ménage, les commissions de plateforme, la conciergerie et les périodes sans réservation.

DPE, sanctions et risques à ne pas sous-estimer

La performance énergétique entre progressivement dans le champ des locations touristiques. Pour les logements proposés pour la première fois en meublé de tourisme et soumis à une autorisation de changement d’usage en France métropolitaine, le DPE doit être compris entre A et E jusqu’au 31 décembre 2033. À partir de 2034, seules les classes A à D seront visées.

Cette règle ne signifie pas que tous les logements touristiques existants sont immédiatement soumis au même calendrier que les locations à l’année. Elle s’applique surtout aux situations entrant dans le périmètre de l’autorisation de changement d’usage. Dans le doute, le propriétaire doit demander une confirmation à la mairie avant d’engager des travaux ou de signer un compromis.

Les sanctions ont également été renforcées. Le défaut d’enregistrement peut entraîner une amende administrative allant jusqu’à 10 000 €, tandis qu’une fausse déclaration ou l’utilisation d’un faux numéro peut atteindre 20 000 €. Le dépassement du plafond local de location d’une résidence principale peut être sanctionné jusqu’à 15 000 €.

La commune peut aussi demander le retrait d’une annonce lorsque le logement est insalubre ou que les règles locales ne sont pas respectées. Ce risque est rarement intégré dans les simulations financières, alors qu’une interruption de plusieurs semaines en pleine saison peut peser lourd sur les revenus annuels.

Lire aussi : Loueur Meublé Professionnel - Stratégie ou piège fiscal ?

Le bon réflexe avant un achat

Avant de valoriser un bien sur la base d’un tarif à la nuitée, je vérifie toujours quatre éléments. Il faut connaître le zonage local, le régime de changement d’usage, les restrictions de copropriété et la classe énergétique du logement.

  • À Paris, dans certaines stations balnéaires ou zones tendues, les restrictions peuvent être nettement plus fortes que dans une commune rurale.
  • Une résidence secondaire ne bénéficie pas des mêmes tolérances qu’une résidence principale.
  • Un logement classé G peut bloquer une nouvelle autorisation dans les situations soumises au DPE.
  • Une bonne saison touristique ne compense pas toujours les coûts de gestion, les travaux et la fiscalité.

La meilleure stratégie dépend désormais du territoire

La réforme ne condamne pas tous les projets de location courte durée. Elle oblige plutôt à choisir un modèle cohérent avec la commune. Dans une ville très réglementée, la location longue durée ou le bail mobilité peut offrir une visibilité supérieure, même avec un revenu brut inférieur.

Dans une zone touristique où la résidence principale peut encore être louée dans la limite autorisée, la location saisonnière reste pertinente pour un propriétaire qui accepte une gestion plus active. Le classement, la qualité du logement et une tarification dynamique peuvent alors améliorer le résultat, à condition de conserver une marge pour les périodes creuses.

Mon conseil est simple. Ne partez pas du prix affiché sur une plateforme, partez du revenu net après réglementation. C’est ce chiffre, et non le chiffre d’affaires annoncé, qui permet de comparer honnêtement la location touristique avec une location meublée classique ou une location nue.

Avant de louer, transformez la réglementation en outil de décision

La loi Le Meur impose une méthode plus rigoureuse. Il faut d’abord qualifier le logement, vérifier la commune et la copropriété, puis calculer la fiscalité et les charges avant de décider du mode d’exploitation.

Pour un propriétaire déjà en activité, 2026 doit être l’année de la mise à jour du dossier. Le numéro d’enregistrement, le SIRET, le DPE, les justificatifs de résidence principale et les documents de copropriété doivent être cohérents entre eux.

La location touristique reste possible, mais elle récompense désormais les projets préparés avec précision. Dans beaucoup de cas, la sécurité juridique et la stabilité du revenu valent davantage qu’un rendement théorique élevé obtenu sans tenir compte des règles locales.

Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

La limite reste généralement fixée à 120 jours par année civile, mais la commune peut la réduire à 90 jours par décision motivée du maire. Il faut donc vérifier la règle locale, ainsi que les obligations de déclaration et d’enregistrement.

Il faut vérifier les règles de la mairie, déclarer le début d’activité dans les quinze jours pour obtenir un numéro SIRET, demander un numéro d’enregistrement si nécessaire, contrôler le règlement de copropriété et afficher ce numéro sur l’annonce. Tous les meublés de tourisme devront être déclarés via le téléservice national au plus tard le 20 mai 2026.

Le régime micro-BIC est limité à 15 000 € de recettes annuelles avec un abattement de 30 %. Au-delà, le régime réel devient généralement nécessaire. Un meublé classé bénéficie d’un plafond de 77 700 € et d’un abattement de 50 %.

Pour un logement proposé pour la première fois en meublé de tourisme et soumis à une autorisation de changement d’usage en France métropolitaine, le DPE doit être compris entre A et E jusqu’au 31 décembre 2033. À partir de 2034, seules les classes A à D seront visées.

Oui, le règlement de copropriété peut interdire cette activité. Dans les copropriétés existantes, une modification du règlement peut désormais être adoptée à la majorité des deux tiers des voix. Il est aussi recommandé de consulter les procès-verbaux des dernières assemblées générales.

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Benoît Chauveau

Benoît Chauveau

Nicolas Chauveau, fort de mes 10 années d'expérience dans le domaine de l'immobilier, je me suis naturellement orienté vers la gestion locative et l'investissement. Mon intérêt pour ce secteur a débuté lorsque j'ai réalisé à quel point il pouvait transformer des vies, tant pour les propriétaires que pour les locataires. J'aime explorer les différentes facettes de l'immobilier, que ce soit à travers des conseils pratiques sur la gestion de biens ou des analyses des tendances du marché. Je m'engage à fournir des informations claires, précises et à jour, en vérifiant mes sources et en simplifiant les sujets complexes pour les rendre accessibles à tous. Mon objectif est d'aider mes lecteurs à mieux comprendre les enjeux de l'immobilier et à prendre des décisions éclairées.

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